jeudi 24 mars 2016

Pierre-Yves Schini


Ils ne se quittent plus depuis le CM2. Adèle et Pierre-Yves Schini sont frère et sœur. « J’ai 16 ans et j’ai sauté deux classes, c’est pourquoi avec ma sœur Adèle (bientôt 18 ans, ndlr ), on a toujours étudié ensemble depuis l’école primaire », souligne Pierre-Yves Schini. « Nous avons toujours réalisé nos exposés, nos projets ensemble », poursuit sa sœur, Adèle. « On s’entend bien. On est complémentaire et on aime tous les deux les sciences. »
« Binôme atypique »

Ce « binôme atypique », c’est ainsi qu’ils aiment à se définir, habite Marmoutier et a grandi dans une famille de scientifiques, avec un papa ingénieur et une maman « qui obtenu son doctorat en biologie », souligne, sans fierté, Adèle. Avant de sourire : « On a toujours baigné dans les sciences ».

Alors quand leur professeur de physique-chimie Marie-Cécile Dymarski Dal Cappello leur a proposé de participer aux 32e Olympiades de chimie, il était évident pour eux de s’y présenter ensemble. « Les Olympiades de chimie comprennent deux concours : le concours scientifique et le concours “Parlons chimie” », précise la professeur. « “Parlons chimie” est le seul des deux concours ouvert aux binômes. » Le choix de la compétition s’est imposé de lui-même. « Notre objectif était de partager avec d’autres jeunes notre amour pour les sciences tout en véhiculant une image d’unité au sein de notre fratrie », indiquent en chœur les Schini.

Déjà l’an passé, ils avaient œuvré à deux sur leurs travaux personnels encadrés (TPE). « Nous avions étudié la maladie qui attaque les pommes : la moniliose, un champignon microscopique, en observant les pommiers du verger familial », raconte Adèle. Un beau travail qui leur a valu une bonne note, qui comptera pour leur bac.

Cette année, le concours « Parlons chimie » a pour thème la chimie et l’énergie. À eux de mettre en œuvre une action de communication sur ce thème.

De fin décembre jusqu’à début mars, Adèle et Pierre-Yves ont donc développé leur projet « One-two-tri-fire ! ». « Notre idée est de créer de l’énergie à partir de la combustion de déchets, recyclables ou non, et de l’exploiter sous forme de vapeur. Nous proposons donc d’utiliser ces déchets non recyclables et exploitables par leur combustion dans des chaudières collectives », expliquent-ils. D’autant que, selon leurs dires, 70 % de nos déchets sont combustibles.

Dans le cadre de ce projet, Adèle et Pierre-Yves Schini ont été amenés à interviewer des gens dans la rue, un chef d’entreprise (l’ancien PDG de Diebolt à Marmoutier, Rémy Diebolt) et un homme politique (Patrick Hetzel, député). « Cela nous a permis de recueillir des informations sur les connaissances actuelles des jeunes et des moins jeunes sur les énergies renouvelables, sur la gestion des déchets aujourd’hui en Alsace. Quant aux interviews, elles nous ont permis de voir les faisabilités actuelles quant à la combustion des déchets et à l’utilisation de la vapeur comme source d’énergie pour des usines textiles ou des chaudières collectives dans les villes alsaciennes. »

Le frère et la sœur sont également intervenus à deux reprises dans une classe de CM2 de l’école du Centre à Saverne (DNA du 02/02/16).
« Les sciences ouvrent énormément l’esprit, mais aussi de portes sur l’avenir »

« C’était un véritable défi. Ce n’est pas facile de parler de chimie à des élèves âgés d’une dizaine d’années. Il nous a fallu vulgariser les connaissances scientifiques », fait savoir Pierre-Yves. « Il est important pour nous de sensibiliser et d’éveiller l’esprit scientifique des jeunes dès leur plus jeune âge puisque les sciences ouvrent énormément l’esprit, mais aussi de portes sur l’avenir. » Et pour faire connaître leur projet « One, two, tri, fire ! » et son avancée, Adèle et Pierre-Yves ont également créé leur site (*).

Le 31 mars, ils devront le présenter devant un jury, au lycée d’Arsonval (Indre-et-Loire). « Seuls huit projets portés par des lycées ou des collèges français ont été sélectionnés », relève Marie-Cécile Dymarski Dal Cappello. « Adèle et Pierre-Yves sont les seuls représentants de la grande Région Alsace Champagne-Ardenne Lorraine. Ils ont effectué un gros travail. D’autant qu’ils l’ont réalisé en dehors du temps scolaire, durant leur année du bac. »

Les deux lycéens ont appris la bonne nouvelle samedi dernier. « On a attendu toute la journée. Nous ne l’avons su que tard le soir. C’était un gros coup de stress », confie Adèle. Désormais, elle semble plus confiante. « Ça va bien se passer. » Dans la foulée, elle ajoute : « On s’est vraiment impliqué dans ce concours. On s’est beaucoup battu pour ce projet. »

Aujourd’hui, Adèle et Pierre-Yves préparent leur présentation orale. « Il faut qu’elle soit ludique ». Et espèrent remporter le premier prix du concours. « C’est un plus sur un CV. » D’autant qu’Adèle envisage d’intégrer une prépa bio à Strasbourg et Pierre Yves une prépa physique-chimie à Paris « pour devenir pilote d’avion de ligne ». « On est bon », explique simplement Adèle. « Quand on demande une classe préparatoire, il faut avoir de bonnes notes dans toutes les matières. »

L’an prochain, ce sera la première fois que ces deux bons élèves étudieront séparément. La première fois depuis le CM2.

(*) http://one-two-tri-fire.e-monsite.com

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