vendredi 13 octobre 2017

Beau témoignage d'une participante à la Savernoise

Elle n’a jamais pris part à une course ni même à une marche contre le cancer du sein. Bien sûr, comme beaucoup, Brigitte Bohl a entendu parler de la Strasbourgeoise, de la Haguenauvienne… « Cette année, c’est différent parce que ma mère, Martine, est partie. C’est une cause qui me touche personnellement. Je vais participer à la Savernoise (DNA du 07.10.2017) , qui se déroule à côté de chez moi à Saverne, pour elle, en pensant à elle mais aussi à toutes celles qui combattent cette maladie », explique l’habitante de Kleingoeft.
« Tout a commencé quand ma mère a découvert une grosseur à l’un de ses seins. À l’époque, personnellement, le cancer du sein je ne connaissais pas trop. Je me disais “ce n’est pas possible que ce soit ça”. » La grosseur se révèle cancéreuse. C’était en 2009.
Dès le début, Brigitte Bohl décide d’accompagner sa mère, qui habitait Kleingoeft également, dans son combat contre la maladie. « Elle avait besoin que je sois là. Et moi, ben c’était ma maman. On était très proche. Ça m’a paru normal. Et je l’ai soutenue quand le cancer est revenu, en 2014. »
La jeune femme l’accompagne à tous ses rendez-vous, à ses séances de chimiothérapie. « Elle était suivie par le centre anticancéreux Paul-Strauss de Strasbourg et par le centre hospitalier de Haguenau », dit-elle.
Elle parle, dans un jargon médical sans faille, de chimiothérapie, de radiothérapie ou encore de récidive loco-régionale (persistance de cellules tumorales au même endroit ou non loin de la tumeur primaire). « À force d’aller dans les hôpitaux, d’être entouré par des médecins et des infirmières, on finit par parler comme eux. Ils vous transmettent leurs connaissances et leurs savoirs. Et moi, j’ai appris au fur et à mesure. » Elle poursuit : « Quand on est confronté à la maladie, on apprend à décrypter une prise de sang. On cherche à savoir quels seront les effets secondaires de certains produits ou si la prochaine séance de chimiothérapie entraînera la perte des cheveux. Savoir, c’est se préparer à affronter les choses. D’ailleurs, je me suis rendu compte que, pour ma maman comme pour d’autres patientes avec qui j’ai discuté, perdre ses cheveux est une épreuve difficile. La chevelure est un élément esthétique important pour les femmes. »

« C’est une cause dont on doit parler, à travers une course, un témoignage »

Dans les salles d’attentes ou les chambres, « les patientes parlent entre eux, mais aussi avec les accompagnants. J’ai eu l’impression qu’elles en avaient besoin. » Brigitte Bohl relève que « quand ma mère a été diagnostiquée, on lui a proposé un suivi psychologique et social ». La maladie est une expérience éprouvante. « Personnellement, j’ai été très encadrée par le corps médical, le personnel soignant. Même si parfois je me suis sentie en colère ou démunie face à la maladie. »
Au centre Paul-Strauss, des infirmières de coordination accompagnent les patients tout au long de leur parcours de soins. « Je n’hésitais pas à téléphoner si j’avais des questions. Et on m’appelait pour savoir comment allait ma maman, entre deux chimiothérapies. C’était pareil au service de soins palliatifs à Haguenau, on a toujours été accompagné. Il est vrai que ma maman avait une personnalité plus qu’attachante. Et puis, c’était une guerrière. Elle a dû affronter un cancer agressif mais elle s’est battue jusqu’au bout. Elle est décédée en mars dernier, à l’âge de 57 ans. »
Sa mère n’était pas porteuse du gène BRCA 1, à l’origine de cancers du sein. « Aujourd’hui, je ne vois pas le cancer comme quelque chose qui va forcément arriver. Comme toutes les femmes à un moment donné, je serai amenée à être à l’écoute de mon corps et à faire une mammographie. »
Si Brigitte Bohl témoigne, c’est pour partager son expérience. Pour sensibiliser les femmes à cette maladie et au dépistage du cancer du sein. « La communication, c’est très important. C’est une cause dont on doit parler, à travers une course, un témoignage. Tout le monde connaît directement ou indirectement une personne atteinte d’un cancer du sein. Si mon histoire touche ne serait-ce qu’une seule personne, qu’elle soit sensibilisée et se fasse dépister, je serais contente. » Elle ajoute : « J’ai envie de m’investir d’une manière ou d’une autre dans cette communication ». Précisant : « Il m’arrive d’en parler autour de moi. Après, c’est mon histoire. Et c’est vrai que cette cause, pour moi, est symbolique. Mais si chacun à son niveau s’empare de cette maladie, cela pourrait aider les patientes à parler plus librement et faire que la pudeur ne soit plus un frein pour se faire dépister. »
Vendredi 20 octobre, Brigitte Bohl, accompagnée d’une de ses amies, Élodie, participera à la première édition de la Savernoise. Elle marchera pour soutenir la lutte contre le cancer du sein. Elle a d’ailleurs fait confectionner un T-shirt en mémoire de sa mère qu’elle portera ce soir-là. Et l’an prochain, elle l’assure, elle participera à plusieurs autres courses.
La Savernoise, course contre le cancer du sein et pour le bien-être des malades, aura lieu vendredi 20 octobre, à 19 h 30. Départ de la course de 5 km, doublée d’une marche, parc du château des Rohan. Inscription possible jusqu’au 18 octobre par internet (www.le-sportif.com). Tarif : 10 €. Retrait des T-shirts et des dossards (quelques jours après l’inscription) à la mairie dès ce samedi, de 10 h à 12 h, au château des Rohan le mercredi 18 et jeudi 19 octobre, de 18 h à 19 h 30, ainsi que le 20 octobre, de 17 h à 18 h 30.

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