samedi 10 mars 2018

Les finalistes de Charmes



Demain se disputeront, sur le site de Manéhouarn à Plouay, à une vingtaine de kilomètres au nord de Lorient, les championnats de France de cross. Plus de 3 000 coureurs, issus de 700 clubs, sont attendus par quelque 15 000 spectateurs.
Parmi eux, huit athlètes du secteur, qui prendront tous, ce matin en gare de Strasbourg, le TGV de 8 h 19. Il y aura trois représentantes de l’Unitas-Brumath, à savoir deux cadettes, l’Ingwilleroise Inès Leclercq (dossard 50), et la Schaffhousienne Célia Velcin (53), qui s’élanceront à 10 h 30 pour 4 730 m, ainsi que l’espoir d’Ernolsheim, Cloé Sansig (603) présente à 13 h 10 sur le cross court de 4 350 m. Également sur le cross court, la Zoebersdorfoise de l’Entente Franconville-Césame-Val d’Oise, Julie Lejarraga (595), qui a remporté il y a deux semaines la 1/2 finale Grand Est à Charmes (Vosges).

Julie et Emmanuel, meilleures chances
« J’aimerais bien finir dans les 15 premières au scratch (sur le cross court, il y aura les séniores et les espoirs mélangées) et faire un podium chez les espoirs et par équipes (avec Emma Sextius, 2e de la 1/2 finale en Île-de-France et Chloé Susset). Je pense partir vite, pour ensuite gérer en fonction de la course. Du stress ? Oui, à ce niveau il y a toujours du stress », raconte celle qui en sera à ses cinquième France de cross (championne de France chez les cadettes en 2015 aux Mureaux, 11e et 16e chez les juniores en 2016 et en 2017). Sur le cross long Élite féminin (9 010 m, départ à 14 h), elles seront trois du secteur : Nilufer Teke (16) et Laura Wendling (18) du Rohan-Saverne, championnes interrégionales par équipes aux côtés de l’Haguenovienne Élodie Méné qui peut viser un podium individuel, et la Strasbourgeoise Florence Scheer (547), originaire de Dannelbourg, 3e de la demi-finale à Charmes. Et il y aura le vétéran Dossenheimois Emmanuel Allenbach (25), qui lorgne avec ses partenaires de l’ANA vers un podium par équipes. Les vétérans qui seront les premiers en action, demain à 9 h 30 pour 10 010 m.

Animation jeune à Haguenau


jeudi 1 mars 2018

Championnat de France de lancer long



Il est temps que les sacrifices payent. C’est un peu ce que Jérémy Nicollin se dit dans un coin de sa tête. Bien que titulaire d’un master en marketing, le lanceur du Rohan Athlétisme Saverne, section locale de l’ANA, a choisi de se consacrer exclusivement au javelot, à raison de « deux entraînements par jour ».

Sa « situation », il en convient, demeure « compliquée », malgré « l’aide » précieuse de ses parents et de son club. « Je n’ai pas de gros sponsors pour me soutenir, confie-t-il. Si je réalise des performances, ça deviendra peut-être moins difficile de les attirer… »

« Le niveau est tellement faible dans l’Hexagone que la victoire n’est plus une fin en soi »
Tout le nœud du problème se situe là pour le lanceur Savernois. Faute de dépoussiérer son record (77,15 m), établi le 27 mai 2016 à Dessau (Allemagne), le jeune homme sait qu’il restera dans une impasse, dans une discipline qui se cherche désespérément une tête de gondole.

Un nouveau sacre – après ceux de 2014 et 2016 – aux championnats de France hivernaux de lancers longs, dimanche (13h30) à Millau, ne peut plus suffire à son bonheur.

« Le niveau est tellement faible dans l’Hexagone que la victoire n’est plus une fin en soi, souligne Jacques Danail, le référent national des lancers et coach de Nicollin. Il faut ajouter la manière et Jérémy en est parfaitement conscient. Nous sommes à la traîne par rapport aux autres pays européens. Je ne veux plus entendre de grands discours, c’est fini tout ça… Seules les performances parleront. Le reste, c’est de la littérature. »

Le sentiment de « désolation » qui habitait Jacques Danail, à l’issue d’un piteux concours de javelot (*) , le 14 juillet 2017 dans le cadre des “France” Élite à Marseille, n’a donc pas disparu. Et le technicien compte beaucoup sur Jérémy Nicollin pour redonner un peu de son lustre à une spécialité qui ne fait plus vraiment honneur à l’athlétisme tricolore, depuis le fameux jet à 80,37 m (le 10 juillet 2010 à Valence) du Guebwillerois Jérôme Haeffler.

« Tout lancer en dessous de 75 m n’est pas bon »
« On a un sérieux trou au javelot. Il nous faut à tout prix un athlète dans les grands championnats, le plus rapidement possible, tonne l’entraîneur. Jérémy a encore beaucoup de réglages à effectuer, mais en hiver, c’est normal. Après, même à cette période de l’année, tout lancer en dessous de 75 m n’est pas bon. Il doit donc tout de suite passer un cran, s’il veut prétendre atteindre les 80 m et le niveau international cet été. Il est capable de le faire. »

L’intéressé a, semble-t-il, bien saisi le message. En « stage fédéral à Barcelone », dans un « super centre » qu’il surnomme volontiers « l’INSEP catalan », le natif de Chenôve a « peaufiné », cette semaine, sa préparation pour les “France”.

« Mon objectif est de gagner en étant le plus juste possible, résume-t-il. Ces derniers jours, j’ai pu m’entraîner en t-shirt dans un beau stade, sous une météo clémente. Il me reste quelques fautes à corriger. Ma jambe d’appui, la gauche, a tendance à fléchir au moment du jet, alors qu’elle devrait être tendue. Cela engendre une perte de force. Dans l’idéal, la vitesse de ma course d’élan doit rejaillir sur le haut du corps. Cela ressemble au phénomène qui se produit lorsqu’une voiture fonce dans un mur. Le conducteur est instantanément projeté vers l’avant, mais il l’est beaucoup moins si la carrosserie se plie. »

« Obtenir toutes les sélections possibles »

Si le colosse de l’ANA (1,93 m, 92 kg) prête autant attention aux détails, c’est parce qu’il sait que sa progression en dépend. On l’a dit, son horizon ne s’arrête pas à Millau, où d’autres lanceurs alsaciens sont attendus ce week-end (voir encadré).

S’il se fait respecter et décroche le titre national, dimanche dans l’Aveyron – « la logique voudrait que ce soit le cas », estime Danail –, Jérémy Nicollin sera automatiquement retenu pour la prochaine Coupe d’Europe des lancers, programmée les 10 et 11 mars à Leiria, au Portugal.

« Je suis ambitieux, insiste-t-il. Physiquement, tous les voyants sont au vert. Cette année, je veux battre mon record et obtenir toutes les sélections possibles. Je pense notamment aux Jeux méditerranéens à Tarragone (Espagne, du 22 juin au 1er juillet) ou encore à la Coupe du monde à Londres (les 14 et 15 juillet). Même les championnats d’Europe à Berlin (7-12 août, minima à 82 m) , j’ai envie de les viser. »

C’est ce qui s’appelle rêver en grand. Reste, maintenant, à joindre le geste à la parole.